Valérie Langevin

Refinancer votre hypothèque pour financer des rénovations : ce qu’il faut savoir

La question qui revient souvent auprès de nombreux Québécois est : comment puis-je utiliser l’équité de ma maison pour financer mes rénovations résidentielles ?

La réponse : Le refinancement hypothécaire est la méthode la plus efficace et souvent la moins coûteuse. Il vous permet d’emprunter jusqu’à 80 % de la valeur marchande de votre propriété en utilisant votre valeur nette (équité) accumulée pour obtenir les fonds nécessaires.

Avec le coût des rénovations résidentielles qui a atteint 92,6 milliards de dollars au Canada en 2023 (Statistique Canada), c’est une option privilégiée pour financer un investissement qui pourrait vous rapporter un retour de 75 % à 100 % sur certaines rénovations, comme la cuisine ou la salle de bain. En consolidant ce montant avec votre prêt actuel, vous bénéficiez du meilleur taux hypothécaire pour vos travaux, évitant les taux élevés des prêts personnels ou des marges de crédit non garanties.

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Qu'est-ce que le refinancement hypothécaire pour rénovations ?

Le secteur de la construction et de la rénovation résidentielle est en plein essor au Québec. Qu’il s’agisse de moderniser une cuisine, d’ajouter un étage ou de procéder à des travaux d’efficacité énergétique, ces projets demandent des capitaux importants.

Le refinancement hypothécaire est l’action de remplacer votre prêt hypothécaire actuel par un nouveau prêt pour un montant supérieur. L’objectif est d’utiliser la valeur nette (ou équité) que vous avez accumulée dans votre propriété pour libérer des liquidités.

Définitions essentielles

Valeur Nette (Équité) : C'est la portion de la valeur de votre maison qui vous appartient. Elle se calcule par la différence entre la valeur marchande actuelle de votre maison et le solde restant de votre prêt hypothécaire.

Ratio Prêt-Valeur (RPV) : C'est le ratio de votre prêt par rapport à la valeur de votre maison. Au Canada, la loi est claire. Le refinancement d’un prêt hypothécaire ne peut excéder 80 % de la valeur marchande de la propriété. Ce seuil est la donnée la plus cruciale à connaître.

En d’autres termes, si votre maison vaut 500 000 $, la dette totale garantie par la propriété ne peut dépasser 400 000 $.

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Les 3 questions clés avant de refinancer vos travaux

Avant de contacter un courtier ou une institution financière, vous devez évaluer trois facteurs déterminants pour la réussite de votre projet de refinancement.

1. Combien puis-je emprunter réellement ? (Le calcul de l'équité disponible)

La première étape consiste à déterminer le montant maximal que vous pouvez obtenir pour vos rénovations. Ce montant est directement lié à la valeur de votre propriété et à votre équité.

La formule est simple, mais nécessite une estimation précise de la valeur marchande actuelle de votre maison :

Montant maximal disponible = (Valeur marchande × 80 %) − Solde hypothécaire actuel

Exemple concret de calcul d'équité :

Élément Montant ($)
Valeur marchande actuelle 500 000
Ratio prêt-valeur maximal (80 %) 400 000
Solde hypothécaire actuel 200 000
Équité disponible pour le refinancement 200 000

Dans cet exemple, vous avez jusqu’à 200 000 $ de liquidités potentielles pour financer vos travaux. Ce calcul illustre l’importance d’une évaluation immobilière professionnelle. C’est le montant qui sera utilisé par l’institution financière pour déterminer le RPV et valider le montant de votre nouveau prêt.

2. Est-ce vraiment moins cher qu'un prêt personnel ou une marge de crédit ?

Le principal attrait du refinancement est l’accès au meilleur taux d’intérêt possible pour votre emprunt. Lorsque vous refinancez, vous incorporez le montant des rénovations à votre prêt hypothécaire principal.

Taux hypothécaire : Les taux hypothécaires sont généralement les plus bas sur le marché, avec des taux fermés promotionnels oscillant autour de 4,29 % à 5,99 % en 2026.

Autres produits (Prêt/Marge) : Un prêt personnel ou une marge de crédit (non garantie) pour rénovations est souvent assorti d'un taux d'intérêt beaucoup plus élevé, qui peut facilement se situer entre 8 % et 15 % ou plus.

L'impact de l'amortissement :

Un prêt personnel doit être remboursé en 5 ou 7 ans. Le refinancement vous permet d’étaler le coût des rénovations sur la période d’amortissement restante de votre hypothèque (jusqu’à 25 ou 30 ans).

Bien que vous payiez des intérêts sur une plus longue période, l’économie mensuelle réalisée grâce à un taux hypothécaire bas est souvent très significative, rendant les travaux abordables. C’est l’outil idéal pour financer des rénovations qui augmentent la valeur de la propriété (cuisine, salle de bain) ou qui génèrent des économies à long terme (isolation, thermopompe).

3. Quelles sont les conditions et les frais cachés ? (Les étapes légales)

Le refinancement n’est pas gratuit et implique des frais qui doivent être pris en compte dans votre budget total.

Frais Coût estimé au Québec Description
Frais de notaire 1 000 $ à 2 000 $ Essentiels, car le refinancement exige un nouvel acte d'hypothèque notarié.
Frais d'évaluation 300 $ à 500 $ Obligatoires pour confirmer la valeur marchande de la propriété.
Pénalités de bris de contrat Variable Si vous refinancez en milieu de terme (avant l'échéance de votre taux fixe), votre prêteur peut exiger des pénalités considérables. Ce coût doit être inclus dans le montant à refinancer et comparé aux économies futures.

Étude de cas : Refinancer une toiture et une cuisine au Québec

Pour illustrer concrètement l’intérêt du refinancement, prenons le cas de Marie et Jean, un couple de propriétaires à Lévis, qui souhaitent réaliser des travaux importants pour maximiser le confort et la valeur de leur maison.

Contexte initial et besoins de financement

Élément Montant ($) Détail / Source
Valeur actuelle de la maison 450 000 Valeur estimée après évaluation.
Solde hypothécaire actuel 180 000 Hypothèque restante.
Rénovations prévues (coûts) 50 000 Toiture (15 000 $) et rénovation complète de la cuisine (35 000 $).
Frais de refinancement (estimés) 2 000 Frais de notaire et d'évaluation (selon les estimations de 2025).

Calcul du refinancement

Montant maximal possible (80 %) : 450 000 $ × 80 % = 360 000 $

Montant total du nouveau prêt : Solde actuel (180 000 $) + Rénovations (50 000 $) + Frais (2 000 $) = 232 000 $

➡️ Le nouveau prêt de 232 000 $ est bien inférieur au maximum de 360 000 $. Le refinancement est donc approuvé.


L'Avantage du Refinancement

Option de Financement Taux d'Intérêt estimé Paiement sur 5 ans (50 000 $) Paiement sur 20 ans (50 000 $)*
Refinancement Hypothécaire 4,64 % (fixe 5 ans) 938 $/ mois 318 $/ mois
Prêt Personnel / Marge de Crédit 10 % (variable) 1 062 $/ mois Non disponible

*Note : Le coût des rénovations est étalé sur 20 ans (période d'amortissement hypothécaire restante).

En choisissant le refinancement, Marie et Jean paient leurs travaux à un taux plus de deux fois inférieur à celui d’un prêt personnel, réduisant drastiquement leurs paiements mensuels et augmentant la valeur de revente de leur propriété.

Les rénovations de la cuisine et de la salle de bain peuvent générer un retour sur investissement de 75 % à 100 % du coût initial, faisant de cet emprunt un investissement judicieux.

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FAQ - Refinancer votre hypothèque pour financer des rénovations

Dois-je prendre mon refinancement auprès de mon institution actuelle ?

Absolument pas. Bien que votre banque vous contacte souvent la première, vous avez tout intérêt à magasiner votre taux. En engageant une démarche de refinancement, vous êtes libre de choisir n’importe quelle institution financière. C’est le moment idéal pour utiliser notre plateforme pour comparer les offres de +20 institutions financières et obtenir le meilleur taux pour votre nouveau prêt.

Est-ce que les rénovations d'efficacité énergétique (thermopompe, isolation) sont un meilleur motif de refinancement ?

Oui. En plus d’augmenter le confort et potentiellement la valeur de votre maison, ces travaux peuvent vous rendre admissible à divers programmes de subventions provinciales ou fédérales (ex : Rénoclimat, LogiRénov) qui allègent le coût final. Financer la portion non couverte par les subventions via un refinancement est une excellente stratégie pour réduire vos factures d’énergie tout en augmentant votre équité.

Quelle est la différence entre refinancement et Marge de crédit hypothécaire (HELOC) ?

Le refinancement est un nouveau prêt hypothécaire unique avec un montant et un terme fixes (ou variables). Les fonds sont versés en une seule somme globale.

La Marge de crédit hypothécaire (HELOC) est une ligne de crédit renouvelable adossée à la valeur nette de votre maison, souvent limitée à 65 % du RPV de la propriété. Elle est plus flexible pour les petits travaux continus, mais son taux est généralement variable et peut être légèrement plus élevé que celui d’un refinancement classique.

Quel pointage de crédit faut-il pour refinancer ?

Pour être admissible aux meilleurs taux hypothécaires et au refinancement à 80 % du RPV, les institutions exigent généralement un excellent pointage de crédit, souvent de 680 et plus. Si votre pointage est plus faible, vous pourriez être admissible, mais à un taux d’intérêt plus élevé.

Comparez les taux pour votre refinancement dès maintenant !

Le refinancement hypothécaire est l’outil financier par excellence pour transformer votre maison au Québec. Il vous permet de puiser dans la valeur que vous avez déjà bâtie, vous donnant accès à des fonds pour des rénovations qui augmenteront à la fois votre qualité de vie et la valeur marchande de votre propriété.

Ne laissez pas votre équité dormir et ne financez pas un investissement rentable avec un prêt coûteux. Prenez le contrôle de votre projet de rénovation en vous assurant d’obtenir le meilleur taux hypothécaire possible.

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Quelle est la durée d’amortissement idéale pour votre prêt hypothécaire ?

La durée d’amortissement de votre prêt hypothécaire est l’une des décisions financières les plus importantes de votre vie. C’est le choix qui a un impact direct sur vos paiements mensuels et le coût total de votre maison.

Alors que des périodes plus courtes comme 15 ou 20 ans vous permettent d’économiser des dizaines de milliers de dollars en intérêts, une période plus longue (25 ou 30 ans) offre des mensualités plus abordables. Historiquement, une période d’amortissement de 25 ans a longtemps été la norme au Canada. 

Cependant, avec l’augmentation des prix de l’immobilier, de plus en plus de Canadiens optent pour des amortissements plus longs. Le choix idéal dépend de votre situation financière personnelle : votre capacité de paiement, votre tolérance au risque et vos objectifs à long terme.

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Qu'est-ce que la durée d'amortissement d'un prêt hypothécaire ?

Avant de plonger dans les détails, il est essentiel de bien comprendre la différence entre la durée d’amortissement et le terme hypothécaire, deux concepts souvent confondus. La durée d’amortissement est la période de temps totale, en années, qu’il vous faudra pour rembourser l’intégralité de votre prêt hypothécaire. C’est l’horizon final de votre remboursement.

Le terme hypothécaire, en revanche, est la durée de votre contrat avec votre prêteur. Au Canada, les termes les plus courants varient de 1 à 10 ans. À la fin de chaque terme, vous devez renouveler votre prêt, en renégociant le taux d’intérêt et les conditions pour le terme suivant. L’amortissement, lui, ne change pas sauf si vous décidez de l’ajuster lors d’un renouvellement ou d’un refinancement.

Au Québec, comme partout au Canada, des règles encadrent l’amortissement. Si votre mise de fonds est inférieure à 20 % du prix d’achat, la période d’amortissement maximale autorisée est de 25 ans.  Si votre mise de fonds est de 20 % ou plus, votre prêteur peut vous offrir un amortissement allant jusqu’à 30 ans, ou plus dans certains cas.

Cependant, depuis 2024, le gouvernement a introduit une exception pour les acheteurs d'une première propriété neuve, leur permettant un amortissement sur 30 ans même avec une mise de fonds inférieure à 20 %.

Avantages et inconvénients des durées d'amortissement de prêt hypothécaire

Le choix de votre durée d’amortissement est un compromis entre le coût total de votre prêt et la flexibilité de votre budget mensuel.

Amortissement court (15-20 ans)

Avantages :

  • Économies d'intérêts massives : Plus l'amortissement est court, moins vous payez d'intérêts. Sur un prêt de 400 000 $ à un taux de 5 %, passer de 25 à 20 ans peut vous faire économiser des dizaines de milliers de dollars en intérêts sur la durée totale du prêt.
  • Accès plus rapide à la valeur nette : Vous remboursez le capital plus rapidement, augmentant l'équité que vous détenez dans votre propriété.
  • Liberté financière plus tôt : Vous serez libre d'hypothèque plusieurs années plus tôt, ce qui peut être un avantage considérable pour planifier votre retraite ou d'autres projets de vie.

Inconvénients :

  • Mensualités élevées : Les paiements mensuels sont beaucoup plus élevés, ce qui peut peser lourdement sur votre budget et réduire votre flexibilité financière.

Amortissement standard (25 ans)

Avantages :

  • Équilibre idéal : Le 25 ans a longtemps été l'option la plus populaire, car elle offre un bon compromis entre des paiements gérables et des économies d'intérêts substantielles par rapport aux amortissements plus longs.
  • Accessibilité : C'est l'option par défaut pour de nombreux acheteurs avec moins de 20 % de mise de fonds, la rendant familière et largement disponible.

Inconvénients :

  • Les coûts d'intérêts restent significatifs par rapport à une période plus courte.

Amortissement long (30 ans et plus)

Avantages :

  • Mensualités plus faibles : C'est l'option la plus abordable en termes de paiements mensuels, ce qui peut vous aider à vous qualifier pour un prêt plus important et à préserver votre liquidité chaque mois.
  • Flexibilité financière : Des paiements plus bas vous laissent plus de marge de manœuvre pour l'épargne, les investissements ou les dépenses imprévues.

Inconvénients :

  • Coût total beaucoup plus élevé : Vous paierez beaucoup plus d'intérêts sur la durée du prêt. En reprenant notre exemple de 400 000 $, passer de 25 à 30 ans pourrait ajouter plus de 20 000 $ en intérêts totaux.
  • Croissance de la valeur nette plus lente : Une plus grande partie de vos paiements sert à rembourser les intérêts, ralentissant la croissance de votre valeur nette.

Étude de cas : Le choix de Léo et Marie

Prenons l’exemple de Léo et Marie, un jeune couple de Trois-Rivières qui souhaite acheter une maison. Après leurs recherches, ils ont trouvé une propriété affichée à 494 000 $ sur Centris. Avec une mise de fonds de 5 % (24 700 $), ils ont besoin d’un prêt de 469 300 $.

Utilisons un taux d’intérêt hypothécaire de 4,75 %. Voyons l’impact des différentes durées d’amortissement sur leur budget :

Impact de la durée d'amortissement :

Amortissement Versement mensuel Coût total des intérêts Remboursement total
25 ans 2 717,14 $ 345 843,21$ 815 143,21 $
30 ans 2 444,13 $ 412 585,55$ 881 885,55 $

Comme on peut le voir, un amortissement de 30 ans permet à Léo et Marie de réduire leurs paiements mensuels de 273 $, ce qui peut faire une grande différence dans leur budget au quotidien. Cependant, cette flexibilité a un coût : ils paieront près de 67 000 $ de plus en intérêts sur la durée du prêt.

Ce scénario illustre parfaitement le dilemme. Pour un premier acheteur, un amortissement de 30 ans peut être la seule option pour se qualifier pour le prêt. Mais si leur situation financière le permet, opter pour un amortissement plus court leur ferait économiser une somme considérable à long terme.

FAQ sur la durée d'amortissement d'un prêt hypothécaire

Quelle est la durée d'amortissement la plus populaire au Canada? +
La période d'amortissement de 25 ans est historiquement la plus courante. Cependant, la SCHL signale une augmentation des prêts avec des amortissements de plus de 30 ans, surtout chez les premiers acheteurs, en raison de la hausse des prix de l'immobilier et des taux d'intérêt.
Est-il possible de raccourcir ma période d'amortissement? +
Oui, la plupart des prêts hypothécaires offrent des options de remboursement anticipé. Vous pouvez augmenter vos paiements mensuels ou faire des paiements forfaitaires pour rembourser votre prêt plus rapidement. Cela vous permet d'avoir la flexibilité d'un amortissement long tout en ayant le potentiel d'économiser autant d'intérêts qu'avec un amortissement court.
Comment le taux d'intérêt influence-t-il mon choix? +
Plus le taux d'intérêt est élevé, plus le coût total d'un amortissement long devient significatif. Une période d'amortissement plus courte devient alors beaucoup plus attrayante si votre budget le permet, car les économies d'intérêts sont encore plus importantes.
Comment savoir si je devrais choisir un amortissement long ou court? +
La meilleure façon de prendre une décision éclairée est d'analyser votre budget et vos objectifs. Avez-vous besoin de paiements mensuels bas pour vous qualifier pour le prêt ou pour conserver un coussin financier? Ou bien êtes-vous en mesure de faire des paiements plus élevés pour vous libérer de l'hypothèque plus rapidement et économiser des dizaines de milliers de dollars?

Choisissez votre durée d'amortissement dès aujourd'hui en comparant les offres

Le choix de la durée d’amortissement est une décision personnelle qui doit être prise en fonction de vos objectifs financiers et de votre tolérance au risque. Si votre budget le permet, une durée plus courte vous permettra de faire des économies substantielles. Si vous avez besoin de plus de flexibilité pour vous qualifier ou si vous préférez avoir un coussin financier plus grand, un amortissement plus long est une option viable.

La meilleure façon de prendre une décision éclairée est de comparer les offres de différents prêteurs et de visualiser l’impact des différentes durées sur votre budget.

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Assurance prêt hypothécaire : est-elle obligatoire au Québec ?

Quand on achète une maison au Québec, on découvre vite qu’il y a toute une série d’étapes, de signatures et de frais à prévoir. Mais au milieu de tout ça, une question revient souvent : l’assurance prêt hypothécaire est-elle obligatoire ?

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C’est quoi exactement, l’assurance prêt hypothécaire ?

L’assurance prêt hypothécaire, c’est une protection pour le prêteur, pas pour vous. En clair, si vous ne pouvez plus payer votre hypothèque, cette assurance rembourse la banque. Elle est exigée principalement par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) ou d’autres assureurs privés comme Sagen ou Canada Guaranty.

Ce n’est pas la même chose qu’une assurance vie hypothécaire (qui, elle, protège vos proches). Et ce n’est pas non plus une protection sur votre maison (ça, c’est votre assurance habitation). Bref, c’est une garantie pour le prêteur, point final.

Quand l’assurance prêt hypothécaire est-elle obligatoire au Québec ?

Voici la règle d’or :

Si votre mise de fonds est inférieure à 20 %, l’assurance prêt hypothécaire est obligatoire.

Et ce n’est pas un choix laissé à votre banque — c’est une exigence gouvernementale. Pourquoi ? Parce qu’un prêt avec une petite mise de fonds représente un risque plus élevé de défaut de paiement.

Exemples concrets :

  • Vous achetez une maison de 400 000 $ avec 5 % de mise de fonds (soit 20 000 $) → Assurance obligatoire.
  • Vous mettez 100 000 $ sur une maison de 500 000 $ (20 % pile) → Pas d’assurance exigée.
  • Vous avez un duplex et vous mettez 15 % → Encore obligatoire, même si vous allez l’habiter.

Combien ça coûte, cette assurance-là ?

Le coût de l’assurance prêt hypothécaire varie selon votre mise de fonds. Et ce n’est pas un montant payé d’un coup : il est ajouté à votre prêt hypothécaire. Donc vous le remboursez lentement… avec des intérêts.

Voici une idée des primes SCHL (en 2026) :

Mise de fondsPrime de la SCHL
5 %4,00 % du montant du prêt
10 %3,10 %
15 %2,80 %
20 % ou plusAucune assurance requise

Exemple chiffré :

Vous empruntez 350 000 $ avec 5 % de mise de fonds → la prime est de 14 000 $ (ajoutée à votre prêt, donc remboursée sur 25 ans avec intérêts).

Qui fournit cette assurance au Québec ?

La plupart des gens connaissent la SCHL (Société canadienne d’hypothèques et de logement), une société d’État. Mais il existe aussi deux assureurs privés :

La plupart des gens connaissent la SCHL (Société canadienne d’hypothèques et de logement), une société d’État. Mais il existe aussi deux assureurs privés :

  • Sagen (anciennement Genworth)
  • Canada Guaranty

C’est généralement votre prêteur qui choisit l’assureur. Vous ne magasinez pas cette assurance comme une police auto. Mais il est bon de savoir que ces assureurs peuvent avoir des critères légèrement différents d’admissibilité.

Peut-on éviter cette assurance ?

Oui, dans certains cas. Et ça peut vous faire économiser des milliers de dollars.

1. En mettant 20 % ou plus de mise de fonds

C’est la méthode classique et directe. Si vous avez assez d’épargne (ou un bon coup de pouce familial), vous évitez complètement cette assurance.

2. En optant pour une propriété moins chère

Des fois, il vaut mieux viser un condo à 350 000 $ sans assurance, qu’une maison à 450 000 $ avec prime SCHL. Ça peut même faire baisser votre paiement mensuel global.

3. En passant par un programme d’aide

Certains programmes, comme le RAP (régime d’accession à la propriété) ou les aides municipales, peuvent vous aider à augmenter votre mise de fonds. Ce n’est pas magique, mais ça peut faire la différence entre 15 % et 20 %.

Attention aux idées reçues !

Beaucoup de gens confondent cette assurance avec d’autres produits. Clarifions tout ça :

  • Ce n’est pas une assurance vie.
  • Ce n’est pas une assurance invalidité.
  • Elle ne protège pas votre maison, ni votre famille.

👉 Elle protège le prêteur, point final. Et même si vous payez une prime, vous n’en tirez aucun bénéfice personnel direct.

Est-ce que ça protège votre cote de crédit ?

Non, et c’est important de le souligner. Si vous arrêtez de payer votre hypothèque, l’assureur rembourse la banque, mais vous devrez rembourser l’assureur. Et en cas de défaut, votre cote de crédit en prendra un coup.

Petit conseil :

Ne vous fiez pas à cette assurance pour vous « protéger » d’un coup dur financier. Pour ça, il vous faut une assurance hypothécaire vie ou invalidité séparée.

Pourquoi certains courtiers la recommandent quand même ?

Dans certains cas, même si vous êtes proche du 20 %, l’assurance peut permettre d’accéder à un meilleur taux hypothécaire. Les prêts assurés représentent moins de risques pour les institutions financières, donc elles offrent parfois de meilleures conditions.

Exemple vécu :

Une cliente avait 18 % de mise de fonds. Son courtier lui a proposé de rester en bas du 20 % pour bénéficier d’un taux réduit. Même avec la prime SCHL, le coût total sur 5 ans était plus bas. Comme quoi… parfois, l’obligation peut devenir une opportunité.

Est-ce que ça change pour un deuxième achat ou un immeuble locatif ?

Oui. Les règles deviennent plus strictes :

  • Pour un immeuble de 2 à 4 logements où vous habitez un logement : vous pouvez mettre 5 % à 10 %, mais vous aurez l’assurance prêt hypothécaire obligatoire.
  • Pour un immeuble 100 % locatif : vous devez mettre au moins 20 %, l’assurance n’est pas disponible.

Donc si vous prévoyez un achat locatif, prévoyez une mise de fonds plus élevée. Les règles ne pardonnent pas.

Est-ce déductible d’impôt ?

Malheureusement, non pour une résidence principale.

Cependant, dans certains cas de propriétés locatives ou d’utilisation à des fins d’affaires, la portion de la prime d’assurance hypothécaire peut être amortie (déduite) sur plusieurs années. Parlez-en à un fiscaliste ou un comptable spécialisé pour bien faire les choses. 

En résumé : Est-ce que l’assurance prêt hypothécaire est obligatoire au Québec ?

Oui, si votre mise de fonds est inférieure à 20 %.
Non, si vous mettez 20 % ou plus.

C’est une obligation légale pour protéger les prêteurs, et elle s’applique de manière uniforme à travers tout le Québec. Bien que son coût puisse sembler élevé, elle permet aussi à de nombreux ménages d’accéder à la propriété plus tôt.

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Vous l’avez vu, l’assurance prêt hypothécaire obligatoire peut avoir un gros impact sur votre budget. Savoir si elle s’applique à vous, combien elle coûte, et comment l’éviter ou la rentabiliser peut faire toute la différence.

Mais le vrai levier, c’est de comparer les offres hypothécaires. Certains prêteurs offrent de meilleures conditions même si vous devez payer cette assurance. D’autres auront des options flexibles selon votre situation.

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FAQ – Tout savoir sur l’assurance prêt hypothécaire obligatoire au Québec

Est-ce que l’assurance prêt hypothécaire est obligatoire pour tous les acheteurs ? +
Non. L’assurance prêt hypothécaire est obligatoire uniquement si votre mise de fonds est inférieure à 20 % du prix d’achat de la propriété. Si vous avez 20 % ou plus, vous pouvez éviter cette assurance.
L’assurance prêt hypothécaire est-elle obligatoire même avec un bon crédit ? +
Oui. Peu importe votre cote de crédit, c’est le pourcentage de la mise de fonds qui détermine si l’assurance est exigée. Vous pouvez avoir un excellent dossier financier, mais si vous mettez 5 %, la SCHL ou un assureur privé exigera une couverture.
Peut-on refuser l’assurance prêt hypothécaire obligatoire ? +
Non, on ne peut pas la refuser si votre prêt ne respecte pas les critères (ex. : mise de fonds inférieure à 20 %). Ce n’est pas une option, mais une condition imposée par le prêteur et les assureurs agréés.
Est-ce que cette assurance protège l’acheteur ? +
Pas directement. L’assurance prêt hypothécaire protège le prêteur, pas vous. Si vous êtes incapable de rembourser votre hypothèque, l’assureur couvre les pertes de la banque. Vous restez responsable de la dette, même après saisie ou défaut de paiement.
Est-ce que l’assurance prêt hypothécaire est transférable ? +
Non. Si vous changez de prêteur ou refinancez votre prêt, une nouvelle assurance pourrait être exigée, selon les conditions du nouveau contrat. Ce n’est pas automatiquement transférable comme une police d’assurance automobile.
Y a-t-il une différence entre la SCHL et les autres assureurs hypothécaires ? +
La SCHL est une société d’État, tandis que Sagen et Canada Guaranty sont des assureurs privés. Le principe est le même : tous couvrent les prêts à haut ratio. Les critères d’admissibilité et les politiques peuvent toutefois varier légèrement.
Comment éviter de payer une assurance prêt hypothécaire obligatoire ? +
Voici les options les plus courantes :
  • Mettre 20 % ou plus de mise de fonds.
  • Choisir une propriété moins chère.
  • Profiter de programmes d’aide pour augmenter votre mise de fonds (RAP, subventions municipales, dons).
  • Magasiner votre prêt pour vérifier si un autre prêteur accepte des conditions différentes.
L’assurance prêt hypothécaire est-elle obligatoire pour les immeubles locatifs ? +
Oui… et non.

  • Pour un plex de 2 à 4 logements où vous habitez un des logements, l’assurance est exigée si la mise de fonds est inférieure à 20 %.
  • Pour un immeuble locatif à 100 %, vous devez mettre un minimum de 20 %. L’assurance hypothécaire n’est pas disponible pour ces cas-là.
Est-ce que le coût de l’assurance prêt hypothécaire est amorti dans le prêt ? +
Oui. Dans presque tous les cas, le montant de la prime est ajouté au solde hypothécaire, et vous le remboursez avec vos paiements mensuels. Vous ne payez donc pas la prime d’un coup, mais sur 25 ans… avec intérêts.
Puis-je réclamer l’assurance prêt hypothécaire dans mes impôts ? +
Pas pour une résidence principale. Cependant, si vous achetez un immeuble à revenus ou utilisez une partie de votre maison à des fins commerciales, certaines portions peuvent être amorties fiscalement. Renseignez-vous auprès d’un comptable spécialisé.

Renouvellement hypothécaire : conseils pour négocier le meilleur taux

Le renouvellement hypothécaire, c’est un peu comme refaire ses assurances : on sait qu’il faut s’y pencher, mais on le repousse souvent jusqu’à la dernière minute. Pourtant, bien négocier son renouvellement hypothécaire, c’est parfois économiser des milliers de dollars sans changer grand-chose à son mode de vie.

renouvellement hypothecaire negocier meilleurs taux

Pourquoi prendre le temps de négocier son renouvellement hypothécaire ?

C’est simple : le taux qu’on vous offre n’est presque jamais le meilleur. Selon les données de la SCHL et des experts du marché, plus de 70 % des emprunteurs au Québec renouvellent leur hypothèque avec leur institution actuelle — souvent sans négocier.

La différence entre un taux de 5,89 % et 5,39 %, ça peut paraître minime, mais pour une hypothèque de 350 000 $, ça représente plus de 8 000 $ d’intérêts sur 5 ans. Rien de négligeable, surtout avec les taux qui restent élevés en 2025.

Et puis, c’est pas comme si on faisait ça toutes les semaines. Le renouvellement arrive une fois tous les cinq ans (ou plus selon votre terme), alors autant bien le faire.

1. Commencez à magasiner votre renouvellement… avant l’échéance

3 à 6 mois avant la date de renouvellement
C’est la fenêtre idéale. Pourquoi ? Parce que c’est souvent à ce moment-là que votre prêteur va vous contacter avec une offre « pré-remplie ». Et c’est aussi le moment où vous avez encore du temps et du pouvoir de négociation.

💡 Astuce : Une famille de Trois-Rivières nous racontait qu’en magasinant 4 mois avant leur échéance, leur banque leur a égalé une offre concurrente de 0,5 % plus bas. Aucun papier, aucune menace de changer d’institution. Juste une info au bon moment.

2. Ne signez jamais l’offre de renouvellement automatique sans comparer

C’est LA plus grosse erreur. Cette offre est rarement compétitive, même si elle est présentée comme une faveur. Votre institution espère que vous allez la signer sans poser de questions — et c’est souvent ce qui se passe.

Prenez le temps de :

  • Vérifier les taux offerts ailleurs (banques, coopératives, courtiers)
  • Demander un taux discrétionnaire à votre conseiller (souvent plus bas que le taux affiché)
  • Poser des questions sur les conditions du prêt, pas juste le taux : pénalités, amortissement, portabilité, options de remboursement anticipé, etc.

3. Faites affaire avec un courtier hypothécaire (et non, ce n’est pas toujours payant)

Un bon courtier, c’est comme un allié sur le marché hypothécaire. Il connaît les produits des différentes institutions, a des ententes préférentielles, et n’a pas intérêt à vous vendre un seul produit.

Pourquoi c’est utile au renouvellement ?

  • Il peut négocier à votre place, surtout si vous détestez faire des appels ou parler d’argent.
  • Il connaît les astuces pour éviter certaines pénalités.
  • Il vous dira si ça vaut la peine de rester ou de changer de prêteur.

Et dans la majorité des cas, le service est gratuit pour vous, car le courtier est rémunéré par l’institution prêteuse.

4. Comprenez les termes : taux fixe ou variable ? Amortissement ou terme ?

C’est un peu technique, mais voici un résumé ultra-clair :

Taux fixe : stable pendant toute la durée du terme (souvent 5 ans). Idéal si vous voulez la paix d’esprit.

Taux variable : suit le taux directeur (souvent plus bas au départ, mais peut monter). Avantageux si vous êtes à l’aise avec le risque.

Amortissement : durée totale du prêt (ex. 25 ans). Vous pouvez la raccourcir ou l’allonger au renouvellement.

Terme : période de l’entente actuelle (ex. 5 ans). C’est ce que vous renouvelez.

Conseil : si vos revenus ont augmenté ou si vous avez moins de dettes, c’est le moment de raccourcir votre amortissement ou d’augmenter vos paiements pour économiser à long terme.

changez institution sans penalite renouvellement

5. Vous pouvez changer d’institution sans pénalité… au renouvellement

C’est un mythe tenace : plusieurs croient qu’ils sont « pris » avec leur banque. C’est faux — au moment du renouvellement, vous pouvez partir sans frais.

Ce que ça veut dire :

  • Vous pouvez aller voir ailleurs.
  • Vous pouvez faire jouer la concurrence.
  • Vous pouvez marchander avec votre prêteur actuel à partir d’une vraie offre.
🗣️

« On voulait rester avec Desjardins, mais Manuvie offrait 0,4 % de moins. Finalement, Desjardins s’est aligné et on est restés. Pas parce qu’on était fidèles, mais parce qu’ils ont égalé. » – Antoine, 36 ans, Laval

6. Faites attention aux conditions de votre nouveau contrat

Le taux, c’est important. Mais ce n’est pas tout. Voici quelques pièges fréquents :

  • Une pénalité démesurée en cas de rupture de contrat
  • L’interdiction de rembourser plus que 10 % par année
  • Aucune portabilité (si vous déménagez, vous devez casser le prêt)
  • Frais cachés pour le transfert de dossier
💡

Prenez 15 minutes pour lire l’offre, ou mieux : faites-la lire par quelqu’un qui connaît ça. Vous n’avez pas besoin d’un avocat, mais un conseiller, un courtier ou même un ami plus expérimenté peut vous éviter bien des regrets.

7. Profitez-en pour faire le point sur vos finances

Le renouvellement, c’est aussi un bon moment pour se demander :

  • Avez-vous des dettes à taux élevé que vous pourriez consolider avec votre hypothèque ?
  • Avez-vous des projets de rénovations ou d’investissement immobilier à financer ?
  • Est-ce que vos revenus ont changé ?

Une petite révision de budget peut vous faire passer d’une mensualité stressante à une solution plus souple. Ou à l’inverse, ça peut vous permettre d’accélérer le remboursement et de sauver gros.

8. Attention aux taux « trop beaux pour être vrais »

Si vous voyez un taux à 4,49 % quand tout le monde affiche 5,25 %, méfiez-vous. Il y a probablement :

  • Des frais élevés à l’ouverture
  • Des clauses très restrictives
  • Une durée courte ou un amortissement bizarre

Lisez les petits caractères. Un taux alléchant avec plein de limitations peut vous coûter plus cher au final. Ce n’est pas parce que c’est affiché sur un panneau d’autoroute que c’est un bon deal.

9. Considérez les options hybrides ou modulables

Depuis quelques années, de plus en plus d’institutions offrent des options « flexibles » :

  • Mi-taux fixe, mi-variable
  • Hypothèques avec plusieurs tranches
  • Produits qui permettent de réemprunter rapidement (HELOC ou marge hypothécaire)

Ce ne sont pas des solutions pour tout le monde, mais si vous êtes à l’aise avec les finances ou si vous avez un projet immobilier à moyen terme, ça peut être une stratégie gagnante.

10. Gardez une trace de vos démarches

Ce conseil paraît banal, mais il est crucial : notez les offres que vous recevez, les appels que vous faites, les noms des personnes contactées.

Pourquoi ?

  • Pour comparer objectivement
  • Pour rappeler à votre conseiller ce qu’il vous a promis
  • Pour éviter de retomber dans les mêmes pièges au prochain renouvellement

Un simple fichier Excel ou une note dans votre téléphone, et vous gardez le contrôle.

Trouvez les meilleurs conseils pour votre renouvellement hypothécaire !

Renouveler votre hypothèque, c’est plus qu’une formalité. C’est l’occasion de réévaluer vos priorités, de vous assurer d’avoir les meilleures conditions, et surtout, d’économiser concrètement.

En 2025, avec la hausse des taux encore présente, chaque petit pourcentage de moins peut représenter des milliers de dollars dans vos poches.

Alors prenez le temps, posez des questions, comparez, et ne signez rien les yeux fermés.